#2021
09/03/2021
Jean-Sébastien Vigion by Jean-Jacques Guibal

Jean-Sébastien, tout le monde se demande comment démarre une Supercar, peux-tu expliquer ?

Jean-Sébastien: « Le démarrage est assez standard, il se compose de 2 boutons en ce qui me concerne, d’un coupe circuit et bouton START. Toutefois avant de faire ça il y a des procédures différentes suivant les motoristes pour faire monter la pression d’huile de façon à ne rien endommager au démarrage. »

 

Qu’est ce que la procédure de départ ?

 JS: « La procédure de départ consiste à maintenir un régime et une pression de turbo qui soit optimale pour être dans le couple du moteur au moment où l’on débraye ! Très facile à raconter mais moins dans les faits car il faut tenir compte de beaucoup de facteurs qui rentrent en jeux, comme l’adhérence au sol, la synchronisation du levé de pied de l’embrayage et du lâché de bouton de procédure etc …

Honnêtement s’il était possible d’avoir un simple limiteur de régime et de faire uniquement confiance à ses pieds lors du démarrage ça serait beaucoup mieux me concernant. 

A l’époque de la R3 je n’avais aucune procédure ni limiteur de régime pour les départs et cela ne m’empêchait pas de partir devant ! Cette technologie est un peu surfaite je pense sur certaines Supercars. »

 

On a tous entendu qu’il y avait un bouton qui bloquait les freins, est-ce vrai ?

JS: « Non ça c’est interdit dans le règlement ….. »

 

La pédale de l’embrayage sert-elle encore ?

JS: « Oui comme sur une voiture de tourisme mais uniquement pour le départ. Une fois que ça roule elle devient inutile, on se sert juste de l’accélérateur et du frein. Cela n’est pas uniquement sur les Supercars, chaque voiture ayant une boite séquentielle c’est pareil. »

 

Alors comment fais-tu ?

JS : « Moi …. C’est ma hantise ! Je suis obligé de faire confiance à la procédure de départ et ça je n’aime pas… en sport automobile j’aime rester le maître dans la voiture. C’est rassurant pour certains cette procédure et pénible pour d’autres.

En gros on définit avant la manche, le régime et toute la Maizena qui va avec pour le décrassage, et en fonction de ce qu’il se passe (patinage ou non) j’ajuste pour le départ. Après quand tout est dans l’ordre c’est une catapulte que tu ne retrouves dans aucun autre sport mécanique. »

 

Démarre-t-on en première ou seconde ?

JS: « Les ¾ démarrent en 2 mais David Meslier par exemple démarre en 1 et il n’est pas pour autant en retard sur les démarrages. Cela dépend des étagements de boite et des motoristes de chacun.

Par contre on démarre en première quand il pleut pour diminuer au maximum le régime de départ pour éviter trop de patinage. »

 

Sur quel virage arrive-t-on le plus vite en France ?

 JS: « Pour être franc je n’ai jamais regardé ! Je pense Essay ou Faleyras à quelques kilomètres/heure près. »

 

As-tu pris ton pied en Supercar ?

JS: « Oui évidemment, je te mentirais si je te disais non ! Quand tout est en ordre de marche c’est un vrai plaisir. C’est la première voiture si puissante que je conduisais et quand je suis monté dedans la première fois je pense que j’ai oublié de respirer pendant 2 tours !!! »

 

La voie que tu as pris maintenant est de former des jeunes pour qu’ils deviennent des pilotes, c’est un nouveau métier ?

JS: « En fait ce qui m’a décidé c’est surtout que dans ce milieu il y a plus de commerciaux mauvais coach qu’autre chose ! 

Des jeunes de plusieurs disciplines se sont rapprochés de moi pour avoir divers conseils.

Cela fait 20ans que je roule toutes disciplines confondues, et je pense que mon expérience vaut bien plus qu’une belle leçon apprise dans un livre que certains essayent de transmettre.

De ce fait j’ai décidé de structurer les choses.

Je prends vraiment beaucoup de plaisir dans ce rôle et quand je vois l’évolution d’un jeune comme Arthur Le Boudouil que j’ai eu dans la pouponnière je suis assez fier de cela ! »

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